

Vivante !
Marguerite Steinheil est vivante !
Elle a menti. Elle s'est vendue. Elle a trahi.
Elle a fréquenté les alcôves lambrissées du pouvoir. Elle a surmonté le scandale le plus licencieux de la troisième République.
Elle a survécu à la très mystérieuse et très sanglante affaire de l'impasse Ronsin.
A la force du poignet, elle est devenue la vieille, l'honorable, la richissime Lady Robert Brooke Campbell Scarlett-Abinger, baronne et pairesse d'Angleterre.
Alors elle cuisine. Obstinément elle cuisine.
Avec jubilation. Avec hargne.
Juste pour nuire encore un peu.
"Marguerite Steinheil, le personnage de La priapée des écrevisses
est comme un puzzle constitué de pièces aussi diverses et surprenantes
qu'humaines :
une perversité ironique, un désir de séduction presque
maladif qui est aussi un puissant instinct de survie, une blessure profonde
toujours cachée.
Le travail de la comédienne est de mettre à la disposition du
texte toute cette gamme de sentiments, en les laissant agir par eux-mêmes
et en essayant de se laisser surprendre par l'assemblage final des pièces
du puzzle.
Ce personnage n'a pas une stratégie de longue haleine. Il prend vie
au coup par coup comme une oeuvre pointilliste."
Marilu Marini
Commande de Jean-Michel Ribes pour une lecture dans le cadre des "Textes nus", manifestation organisée par la SACD avec le concours de France Culture au Festival d'Avignon, le 22 juillet 1999, Cour du Musée Calvet.
29 janvier 2002 : création au Théâtre de La Pépinière
Opéra, Paris.
Mise en scène : Jean-Michel Ribes
Marguerite Steinheil : Marilu Marini
Décor et costumes : Patrick Dutertre
Lumières : Hervé Gary
Musique : Jean-Claude Camors
Assistante à la mise en scène : Deborah
Banoun
Production Edy Saiovici, La Compagnie Jean-Michel Ribes, Philippe Bernard
et Pascal Legros Productions.


"En ce début de siècle glacé par l'informatique,
Christian Siméon, jeune Sculpteur-Auteur au regard doux dépose
ça et là, sans bruit, ses pièces brûlantes.
Amoureux des mots coupants, des criminels subtils, des bouffonneries insolentes,
il semble tout droit venu de la Renaissance nous livrer des textes où
résonnent, mêlés, les cris de la Saint-Barthélemy,
les sonnets de Ronsard et la rigueur d'Agrippa d'Aubigné.
Savoureux, drôle, émouvant, et surtout rare ce Siméon!
Ouvrez-le vite et découpez-le même."
Jean-Michel Ribes

Neuf Marguerite
Marguerite Japy. Elle naît dans une famille d'industriels
du territoire de Belfort. Très belle et peu farouche, elle s'éprend
d'un jeune militaire sans fortune Julien Scheffer.
pour éviter une mésalliance, sa famille la marie de force à
Adolphe Steinheil, peintre pompier à la mode, homosexuel, de 19 ans
son aîné.
Ce mariage a lieu le 9 juillet 1890. Elle a vingt et un ans.
Marguerite Steinheil. Peu après naît une fille, Marthe. Marguerite rencontre le Président de la République, Félix Faure qui tombe éperdument amoureux d'elle.
Marguerite, la Pompadour de la Troisième République. Marguerite vit une aventure passionnelle avec le président. Elle devient une des figures du Tout-Paris politique et mondain. Le 16 février 1899, Félix Faure meurt pendant un de leurs rendez-vous galants.
Marguerite, la scandaleuse. C'est l'époque
des grandes demi-mondaines.
Marguerite monnaye ses charmes et fait vivre sa famille.
Le 31 mai 1908, on la retrouve ligotée dans son hôtel particulier
de l'impasse Ronsin. Sa mère et son mari ont été assassinés.
C'est le début de l'affaire Steinheil.