Un voyage labyrinthique dans les affres de l'émotion, du ressenti et du vécu, jalonné de vraies questions et de fausses réponses, qui met à mal nos certitudes et fait exploser notre logique. Les réponses, tu sais, c'est dangereux dit le héros. Un monstre ? Sans doute. Le théâtre se nourrit de situations extrêmes, la tragédie est gorgée de grotesque.

Ce texte est un cri, celui que poussent les hyènes dans le désert d'une univocité bien pensante. Il n'y a pas de complaisance dans Hyènes, pas de morale ou de linéarité dramatique qui nous ferait progresser vers la lumière d'un indice, l'évidence d'une preuve.

L'auteur brouille sans cesse les pistes, interrompt le récit, bouleverse la sincérité d'un aveu par la perversité d'une anecdote. Obscursit la transparence de l'autobiographie par un concentré noir de fantasmes et d'imaginaire baroque. Dérision et vérité. Honnêteté et faux-semblants. Qui croire ? Que croire ?


Ainsi chahuté, caressé et meurtri, le spectateur qui est renvoyé à lui-même, n'en sort pas indemne.

De même, lorsque nous regardons les sculptures de Christian Siméon, sommes-nous bouleversés, interpellés, touchés par la force qui s'en dégage.


Car l'auteur qui signe ici sa deuxième pièce, se sert aussi de mots pour sculpter le vivant.


Hélène Kuttner