Notes de Jean Macqueron

Contrairement à ce qu'on attend, le futur nous repousse sans cesse dans le passé, et pour nous qui vivons entre passé et futur, dans l'intervalle le temps n'est pas un flot ininterrompu : il est brisé en son milieu, au point exact où nous nous tenons... (Cioran)

... et c'est là que se tient précisément Siméon, en embuscade.

Car Siméon est un voleur.
Il trouve ses larcins dans le passé, pille des faits réels, comme l'incendie du Bazar de la Charité dans Hécate, ou l'affaire Théodore-Frédéric Benoît dans Hyènes, sa seconde pièce.
Ses choix et ses goûts, pour des raisons obscures, l'attirent vers les régions les plus sombres et les plus cruelles de notre passé.
Il vole dans le noir, les yeux grands ouvrets, avec un cynisme désarmant, une curieuse forme d'humour et beaucoup de passions, des souvenirs plein de violence, de désespoir et de rage.
Son méfait accompli, il se les approprie totalement et nous les raconte comme il nous raconterait ses propres souvenirs.

Car Siméon est un menteur.
Ce n'est pas un antiquaire, il ne se soucie guère de donner à son récit la patine du passé, ni la couleur exacte d'une époque révolue.
C'est au présent qu'il nous parle.
Car malgré tous ces masques, c'est de lui qu'il nous parle.
Il nous livre sa vision de l'homme contemporain, il nous dit ses propres tourments et s'il revêt parfois ses personnages de costumes démodés, c'est souvent par pudeur.
Hécate ressemble aussi à un conte pour enfant qui commencerait ainsi :
"Il était une fois une dame très âgée et très jeune aussi qiu tissait sa toile au fond de sa demeure afin d'y retenir des jeunes gens intrépides..."

... la suite, vous la découvrirez vous-même...

Car Siméon est un conteur.

... une atmosphère obscure enveloppe la ville aux uns portant la paix, aux autres le souci... (Baudelaire)

Jean Macqueron