On l'appelait l'Androcée.
On dit qu'elle chantait avant guerre.
On dit qu'Hitler était fou d'elle.
Qu'il a mis mis le Reich à ses pieds.
Et qu'on pouvait mourir en écoutant sa voix.
On dit qu'elle avait deux enfants qui ont beaucoup souffert.
On dit qu'elle s'est évaporée à la fin de la guerre.
Il y a si peu de temps.
Qu'elle n'a pas existé.
Et qu'on l'aurait rêvée.
Et de sa voix elle a gardé le secret. Il ne reste plus rien. Quelques notes et un rôle.
Elektra.
Le monde en est-il appauvri ?
On dit qu'elle est morte.
Mais l'Androcée chante encore.
Dans un pays de guerre, une banlieue sordide, un opéra de ruine.
Chaque jour elle répète. Chaque fois le même rôle.
Elektra.