

"L'art est une humanisation du coeur, une manifestation de ce que les hommes ne peuvent voir et de ce qu'ils ne peuvent voir que par lui."
André Malraux
Sculpter la faim. Parce que nous vivons dans une civilisation du regard et
de l'instant, une civilisation à deux temps et à deux dimensions,
où rien ne semble plus pouvoir vieillir, rien ne semble plus pouvoir
mourir.
Et parce qu'ailleurs on meurt sans vieillir.
Parce que nous devons faire appel à tous nos sens, y compris le toucher.
Parce qu'il nous faut renoncer à la liberté illusoire qu'apporte
l'amnésie. Parce que nous avons perdu notre capacité d'effroi.
La sculpture est un théâtre de l'immobile que la lumière met en scène. Alors sculpter la faim, ses stigmates, l'érosion des corps dans cette lente agonie verticale, pérenniser l'image, chercher l'intensité d'un regard sans espoir et sans consolation, immobiliser un geste, la dignité tragique d'hommes qui meurent loin des yeux du monde. Sculpter en balayant toute idée de témoignage, de pitié, d'exorcisme, pour ne garder que le respect, l'immobilité, l'intemporalité de la souffrance, avec le naïf espoir que l'histoire n'aille pas dans le sens de la logique.
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Les oeuvres
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